Le trail : allié ou ennemi de la gestion du stress ?

stress en trail

Courir en pleine nature, libérer l’esprit, reconnecter le corps…Le trail est souvent présenté comme un antidote naturel au stress. Sa pratique peut toutefois devenir une source de pression.

Pour y voir plus clair, nous allons d’abord clarifier ce qu’est le stress et les mécanismes qui le provoquent. Nous verrons ensuite comment nos émotions, notre fatigue et notre perception influencent nos réactions.

Enfin, nous explorerons les bienfaits du trail sur la gestion du stress… ainsi que les erreurs courantes qui peuvent faire basculer la balance du mauvais côté.

1. Qu’est-ce que le stress ?

Hans Selye, endoctrinologue, est l’inventeur de la théorie du stress. Le point de départ de sa réflexion repose sur la question suivante : pourquoi la réaction physiologique de malades semble identique alors que leur maladie est différente ? Ses recherches l’amènent à publier le livre « Le stress de la vie » en 1956.

Il en découle une première définition : le stress est l’ensemble des réactions de l’organisme face à des agressions plus ou moins fortes d’agents extérieurs.

Les trois phases du stress

Sur le plan physiologique, le stress est caractérisé par 3 phases d’adaptation :

La phase d’alerte

Le flux sanguin et les battements du cœur augmentent, la personne transpire, les artères se dilatent et on observe de la tension musculaire. Enfin, les médullosurrénales libèrent une décharge de noradrénaline et d’adrénaline dans le sang.

La phase de résistance

Lorsque le stress est répété, le système endocrinien déclenche la production de cortisol qui stimule la synthèse des sucres. Il y a alors augmentation du volume de la sécrétion corticosurrénale et une augmentation de l’activité.

La phase d’épuisement

Lorsque le stress devient chronique, l’excès de cortisol provoque un épuisement psychique et somatique. Le système nerveux n’arrive plus à réguler les mécanismes physiologiques.

Systeme de réponse au stress

Syndrome général d’adaptation

Le stress est une réponse de l’organisme face à une stimulation physique, psychologique ou une agression. C’est un mécanisme de défense dont la réponse est le combat, la fuite ou faire face.
Ce mécanisme de défense est un héritage des hommes préhistoriques qui devaient faire face aux dangers des hordes ennemies ou des animaux. Et même si nos situations ont beaucoup évolué, notre « kit d’urgence » est resté identique.

2. Quels sont les facteurs d’apparitions du stress ?

Il existe deux grands types de stresseurs : les stresseurs physiques et les stresseurs psychologiques.

Les stresseurs physiques

Ils sont aussi appelés stresseurs physiologiques. Ce sont des stresseurs qui touchent aux sens. Ils peuvent être d’ordre interne ou externe :

  • le bruit
  • les odeurs
  • la douleur
  • le froid
  • le chaud
  • le vent

Les stresseurs psychologiques

Le docteur John Wayne Mason complète les travaux de Selye dans les années 70. Ses recherches permettent d’intégrer la dimension émotionnelle de l’état de stress.
Il démontre que les causes du stress peuvent être d’ordre psychologique, par exemple :

  • impact du contexte professionnel
  • impact de la hiérarchie ou des proches
  • et surtout… nous sommes notre propre stresseur comme nous le verrons.

A l’issue de ses travaux, il dresse la liste de 4 types de situations qui génèrent stress:

  • situation nouvelle
  • imprévisible
  • sentiment que l’égo est menacé
  • impression de n’avoir aucun contrôle

Il suffit de la présence d’une seule de ces caractéristiques pour générer du stress.

type de stresseurs

3. Le stress, une affaire de perception

Nous réagissons tous différemment face à une situation. Une situation va induire une réponse de stress si et seulement si nous interprétons cette situation comme négative ou menaçante pour nous.

Là où certains paniquent, d’autres y voient un challenge ! Au final, nous pouvons élargir la notion de stress à cette définition issue de la méthode Target : « processus résultant d’un décalage entre sa perception d’une difficulté et sa perception de ses capacités de contrôle de la situation. »

Il en résulte deux types de stress :

  • le stress de surpression : la difficulté perçue est largement supérieure aux ressources perçues
  • le stress de sous-pression : c’est l’inverse.

Lorsque cette réaction à une menace perçue persiste pendant un temps prolongé, elle mène au stress chronique, qui a des répercussions négatives sur la santé mentale et physique.

Le stress de surpression mène au surmenage puis au burn-out si la situation perdure trop longtemps.
Le stress de sous-pression mène à l’ennui puis au bore-out, tout aussi redoutable que le burn-out.

perception du stress

4. Quel est le lien entre le stress et les émotions ?

Ce sont des réactions à des situations qui nous plongent dans un état dit de stress. Cela est à distinguer de l’anxiété qui est une émotion. Il convient donc de dissocier le stress qui vient d’un déclencheur externe de l’anxiété qui est un état mental permanent.

En psychologie, on distingue ainsi :

  • l’anxiété d’état
  • l’anxiété de situation.

Etat d’anxiété

Un état anxieux est perçu comme négatif car il est vécu sans cause identifiée. Toutefois, l’anxiété favorise logiquement l’apparition du stress. Le travail sur l’état anxieux, selon son intensité, peut être du ressort de la psychologie et non de la préparation mentale.

Anxiété de situation

L’anxiété de situation est directement liée à l’environnement immédiat et aux peurs qu’il peut provoquer. Elle génère du stress et sa cause est identifiable. On parle même parfois d’anxiété positive liée à une situation qui peut générer de l’adrénaline et permettre une meilleure concentration.

Sur ce point, de nombreux leviers sont activables en préparation mentale.

5. Quel est le lien entre la fatigue et le stress ?

L’énergie et les émotions sont étroitement liés et font partie d’un tout qu’on appelle l’activation en préparation mentale.

Une perturbation dans le champ énergie perturbe le champ des émotions et vice versa. Quand nous sommes fatigués, nous sommes donc plus sujet au stress et plus émotif.

Les tensions du quotidien provoquent souvent une indisponibilité physique temporaire comme la fatigue. Le tonus musculaire apparaît naturellement ce qui augmente la dépense d’énergie.

Si ce tonus additionnel perdure, cela peut créer une indisponibilité émotionnelle, comme l’anxiété. C’est la porte ouverte à l’apparition du stress.

Traileuse heureuse sans stress

5 bienfaits de la pratique du trail qui aident à lutter contre le stress

1- L’exercice physique régulier a des effets bénéfiques pour la santé et sur la qualité de vie. Il aide à lutter contre la sédentarité. 

2- Le trail n’est pas seulement bon pour le corps, il participe également à une bonne santé mentale. Le contact avec la nature a un effet relaxant et permet de lutter naturellement contre l’anxiété

3- La pratique du trail peut nous aider à changer notre regard sur le stress et à travailler le lâcher prise. Par exemple, en voyant l’anxiété positive comme un boost utile pour affronter les défis.

4- Il permet de développer l’intelligence émotionnelle, notamment la conscience de nous-même qui est un pilier. Par exemple, en nous poussant à trouver les réponses à ces questions : quelle est notre identité de coureur ? Qu’est-ce qui nous pousse à faire ça ?

5- La pratique du trail peut enfin aider à l’amélioration de l’estime de soi et à la mise en place de croyances positives. A condition de bien fixer ses objectifs.

5 erreurs en trail qui mènent à un excès de stress

La balance peut toutefois vite devenir négative si vous commettez ces erreurs.

1- Vous vous lancez à corps perdu dans de longues sessions d’entrainement. Vous ne vous écoutez pas et vous ne respectez pas les principes de planification de l’entrainement. C’est la porte ouverte au surentrainement et à toutes ses conséquences : blessures, fatigue chronique…et stress.

2- Vous vous fixez des objectifs démesurés. Vous vous mettez la pression, cédant au diktat des réseaux sociaux. Vous vous déconnectez de votre source de motivation profonde en oubliant pourquoi vous courrez. L’écart entre votre perception de l’objectif et vos ressources est trop important et provoque un stress de surpression.

3- Vous ne tenez pas suffisamment compte de l’impact de votre entrainement sur votre vie privée et votre vie professionnelle. Vous suivez votre plan coûte que coûte. Votre préparation à une course provoque alors un déséquilibre dans votre vie. Cela est source de conflits internes ou externes générant ainsi du stress.

4- Vous avez déjoué les pièges précédents. Mais vous vous écroulez dans la dernière ligne droite. Le stress vous rattrape quelques jours avant votre trail. Résultat : vous sous-performez durant votre course, provoquant un sentiment d’échec et une baisse de votre estime de vous-même. Cela rejaillit sur votre vie privée.

5- Vous n’êtes jamais satisfait de vous-même après avoir fait une course. Ou vous avez tout simplement toujours du mal à retourner dans le quotidien après avoir atteint votre objectif. Car nous ne vous y êtes pas préparé.

stress en trail

Conclusion

Au final, le stress est une réaction naturelle de notre organisme face aux défis. Le trail, parce qu’il nous confronte à nous-même, devient alors un formidable terrain d’entraînement pour mieux y faire face et développer son mental.

Ce peut être un magnifique chemin pour apprendre à mieux vivre avec son stress et parfois même à en faire son allié. A condition que la pratique reste équilibrée pour ne pas devenir elle-même source de stress.

Vous avez besoin d’aide pour atteindre vos objectifs et gérer votre stress ? N’hésitez pas à me contacter.

 
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